Tribune du Monde (24 février 2026), signée par les principales sociétés savantes de cardiologie, chirurgie cardiovasculaire et associations de patients.
La France, autrefois pionnière en accès précoce à l'innovation médicale, accuse désormais un retard structurel majeur. En 2024, seulement 60% des innovations approuvées par l'EMA étaient commercialisées en France, contre 89% en Allemagne. Sur les dispositifs médicaux de rupture, notamment les valves percutanées, le retard atteint parfois plus de deux ans par rapport aux voisins européens.
Les causes identifiées : lourdeurs administratives, doctrine d'évaluation inadaptée aux innovations de rupture, absence de prise en compte des données de vie réelle, sous-estimation des gains d'efficience à moyen terme.
Le coût est triple : humain (patients exposés à des alternatives moins efficaces ou plus invasives, taux de complications pouvant être 10 fois supérieur), budgétaire (la prise en charge des maladies valvulaires représentait 1,1 milliard d'euros pour l'assurance maladie dès 2016), et stratégique (perte d'expertise des équipes médicales françaises, dépendance croissante à l'expertise étrangère).
Le contexte aggrave l'urgence : les États-Unis accélèrent leur accès, l'Europe lance un grand plan cardiovasculaire sur le modèle du "priority breakthrough pathway" américain. Les signataires appellent à une refonte urgente du système d'accès français pour que la France retrouve son rang de pays précurseur et exigeant.